Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Article du Républicain Lorrain sur le Congrès des Maires de Moselle

Publié le par Fdmm

Les communes font de la résistance

Réforme territoriale, baisse des dotations… Une semaine après leur mobilisation, les cinq cents maires du département, réunis hier à Metz-Expo, ont réitéré leur refus d’être les sacrifiés du tour de vis budgétaire.

«Les communes sont les cellules de base de la République », martèle à la tribune François Grosdidier (Les Républicains), président de l’Association des maires de Moselle. Dans l’auditorium bondé, cinq cents édiles (sur 730 communes), toutes étiquettes confondues, ont répondu à l’invitation. « Un record ! », se félicite l’orateur. Une semaine après la mobilisation contre la baisse des dotations, la grogne ne retombe pas. « Plus de 90 % des 2 000 Mds € de la dette publique du pays relèvent de l’Etat et de la Sécurité sociale », tonne Grosdidier, « 9,5 % seulement des collectivités territoriales… Parmi celles-ci, les communes pèsent 42 % de l’investissement public et 4 % de la dette. » En clair, la sympathie des Français envers leurs maires repose sur du concret et « les communes ne doivent pas être les sacrifiées de la réforme territoriale » et/ou « de l’assèchement des collectivités ». Le message s’adresse au préfet Nacer Meddah, mais aussi aux patrons des exécutifs régional et départemental, présents eux aussi. « Nous n’avons qu’un seul parti, celui de l’intérêt général », répondra le représentant de l’EÉtat. Piqué au vif par la charge relayée ensuite par Patrick Weiten – « l’Etat jacobin apporte de mauvaises réponses aux bonnes questions de nos concitoyens » –, Nacer Meddah croise le fer : « Non, l’Etat n’est pas un monstre froid, désincarné… Le redressement est une responsabilité collective, nous devons tous réaliser des efforts significatifs », précise-t-il en rappelant que le montant de la dette avoisine le PIB, soit 30 000 €/Français. Puis il tente de rassurer son auditoire en détaillant les dispositifs d’accompagnement : renforcement de la péréquation ; hausse (de 39,5 % en Moselle) de la dotation d’équipement des territoires ruraux et des dotations de solidarité urbaine et rurale… Les communes de - 10 000 habitants, poursuit le préfet, seront moins impactées que celles de + 200 000 habitants : l’effort sera de 15 €/hab pour les premières, et 42 € pour les secondes. A quelques heures du lancement de sa campagne pour les régionales (lire en page 5), Jean-Pierre Masseret (PS) décoche à son tour quelques flèches… à l’endroit du gouvernement ! « Je lui reproche d’appliquer la politique de ses prédécesseurs… » Bilan : « On se prive des réserves de croissance et de développement de l’économie de proximité qu’incarnent nos territoires », cingle le socialiste. La crise des réfugiés s’invite dans le débat, mais celui-ci reprend vite des contours plus conformes : réforme territoriale, baisse des dotations, intercommunalité… La plongée dans l’inconnue génère de l’angoisse. L’Acal ? Le préfet y voit une « opportunité » pour la Moselle, « seul département millionnaire en habitants avec le Bas-Rhin ». La réforme de l’intercommunalité ? Nacer Meddah en détaille le rétroplanning à partir de la proposition de schéma que dévoilera l’Etat le 5 octobre. Suivra une négociation qui devra aboutir le 30 décembre 2016. L’orateur démine : « Il n’y aura pas de mariages forcés. » Patrick Weiten sourit. Quelques instants plus tôt il s’insurgeait : « En Moselle il n’y a qu’une grande métropole, elle porte un nom : le Département. » Pour le cas où il y aurait un débat. Nacer Meddah préfet de Région : « Nous n’avons qu’un seul parti, celui de l’intérêt général »

Xavier BROUET.

Commenter cet article