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Compte rendu de la réunion débat avec Hervé Gaymard - Président de l'ONF

Publié le par Grégory BAUGUITTE

HGaymard

   

  « La Commune et la Forêt »

 

 

Le lundi 4 avril dernier à Chateau-Salins, Hervé GAYMARD, Président de l’ONF, Ancien Mnistre de l'Agriculture, est venu débattre avec les élus locaux de notre département sur le thème « La Commune et la Forêt ».

 

Hervé GAYMARD s’est déplacé en Moselle pour présenter aux élus des communes forestières les nouvelles dispositions en matière de gestion de la forêt et les perspectives de valorisation de la filière bois.

 

Invité par la Fédération des Maires de la Moselle, il a été accueilli par son président François GROSDIDIER, Député-Maire de Woippy, son secrétaire général Gaëtan BENIMEDDOURENE, Maire de Château-Salins et également par le député de la circonscription, Alain MARTY, Député-Maire de Sarrebourg.

 

Le président de l’ONF a tout d’abord tenu à recevoir les syndicats professionnels forestiers lorrains, venus manifester pour le maintien du service public de l’Office National des Forêts sur notre territoire. Il leur a donné l’assurance de faire remonter leurs revendications et que ces dernières seraient entendues.

 

Gaëtan BENIMEDDOURENE a introduit la réunion par un mot d’accueil chaleureux à l’endroit du Président de l’Office National des Forêts et des élus présents nombreux pour cette occasion.

 

Hervé GAYMARD se présente comme le Président du Conseil d’Administration de l’ONF. A ce titre, il n’a aucun pouvoir exécutif qui appartient au directeur général.

 

L’office est un établissement placé sous la tutelle conjointe du ministère de l’Agriculture et de la Forêt et du Ministère de l’Ecologie et du Développement durable. C’est un Service Public Industriel et Commercial (SPIC) crée en 1965.

 

Le président de l’Office indique que son rôle est d’être un défenseur de l’ONFet un intermédiaire entre tous les acteurs de la forêt française.

 

Il a, dans un premier temps, expliqué que les forêts couvrent 1/3 du territoire national. Cette surface comprend ¾ de forêts dites « privées » et ¼ de forêts « publiques » , ces dernières étant composées de forêts communales et domaniales.

 

Notre pays constitue le 3ème massif forestier européen, et malgré cela, la filière bois représente pour la France son 2ème déficit commercial après l’énergie.

 

Le président de l’ONF évoque le rapport qu’il a remis au Président de la République le 15 octobre dernier pour impulser une politique ambitieuse pour la filière bois.

 

Il comprend plusieurs volets qui peuvent se résumer en trois mots clés : stabilité, confiance et ambition.

 

La stabilité consiste à conserver en l’état l’organisation et le statut de l’Office National des Forêts pour la gestion des forêts communales. La peur d’un changement permanent déstabilise les acteurs et peut les détourner de leur mission. Hervé GAYMARD assure qu’un changement de statut de l’Office n’est pas à l’ordre du jour, pas plus que son démembrement.

 

Il indique que le statut d’établissement public industriel et commercial permet une grande souplesse de gestion, pour un office chargé d’une mission de service public.

 

La confiance signifie établir un dialogue avec les citoyens, qui peuvent penser que la forêt française est surexploitée.

 

Hervé GAYMARD tient à ce sujet à rappeler qu’à l’inverse, une forêt sous-exploitée peut dépérir, et que l’Office est là pour aider les communes à gérer au mieux leurs forêts à travers les contrats de gestion pluriannuels.

 

La confiance  doit être confortée avec les acteurs de la filière.

 

Avec le personnel dans un premier temps car c’est grâce aux 7000 fonctionnaires et aux 3000 ouvriers forestiers investis dans leur mission que l’ONF est un outil d’excellence au service de la Forêt de notre pays.

 

Pour le Président de l’ONF, l’Office doit être renforcé comme entreprise publique.

 

Le modèle économique de l’Office repose sur l’autofinancement : ventes de bois, prestations, droits de chasse. Hervé GAYMARD indique que ce dernier est viable pour la rémunération du personnel et dans les investissements futurs.

 

Les relations avec les Communes forestières doivent être consolidées. Il propose la création d’un comité consultatif issu du conseil d’administration de l’ONF et présidé par le représentant des communes.

 

Selon Hervé GAYMARD, l’ONF doit être l’outil d’une politique ambitieuse au service de la forêt et de la filière bois.  

 

Pour lui, il faut moderniser la filière en regroupant l’offre de bois pour permettre aux industriels d’avoir une meilleure visibilité. Il lui paraît également nécessaire de voir l’émergence d’un réseau d’entreprises performantes.

 

Le Président de l’ONF insiste sur l’importance de l’investissement en forêt et de l’intervention conjointe dans les massifs sous-exploités avec les forêts privées. L’ONF doit être réaffirmé comme un acteur majeur des enjeux environnementaux. Hervé GAYMARD propose de rendre éligibles les projets forestiers sur le marché des quotas carbone.

 

L’ambition consiste à développer l’utilisation du bois dans la construction et l’énergie, en éviter toute importation.

 

Une aide est d’ailleurs envisagée pour la plantation de résineux qui seront fortement demandés dans l’avenir par l’industrie du bois. Un plan d’approvisionnement des ressources permettra, avec le concours de l’ONF, de ne pas augmenter l’écart entre besoin et ressource.

 

Le Président de l’ONF indique qu’un nouveau contrat de plan sera signé prochainement entre l’Etat, l’Office National des Forêts et les Communes forestières.

 

La question de la participation financière de l’Etat dans le coût du gardiennage des forêts communales par l’Office National des Forêts est au cœur des préoccupations. Rien n’est encore décidé sur le mode et les critères de calcul pour définir le versement compensateur de l’Etat.

 

Un débat a été ensuite engagé avec les quelque 150 élus présents. Ils ont fait part de leur crainte de voir la participation des communes aux frais de gestion de leurs forêts augmenter malgré la différence entre certains massifs plus ou moins productifs pour les budgets communaux.

 

La question de la gestion de la nature des résineux à implanter dans le secteur pour la filière construction est évoquée.

 

Madame RICHARD, de l’association Patrimoines de Belles-Forêts, intervient pour indiquer que selon elle nos contraintes de construction sont à adapter à nos forêts et pas l’inverse. Pour elle, le rôle social du bois énergie est à souligner, notamment concernant les zones rurales.

 

Hubert GENIN, Maire de LIDREZING, tient à évoquer les fortes dégradations des voies communales, souvent anciennes, par les engins de débardage, de plus en plus volumineux. Il évoque la possibilité de répercuter cet impact sur le prix de gardiennage imposé aux communes forestières. Hervé GAYMARD indique que cette préoccupation est fortement partagée dans le pays et qu’il s’en fera l’interprète.

 

Rémy HAMANT, Maire de LINDRE-BASSE, souhaite que les Plans d’aménagement forestier soient plus collaboratifs à l’avenir. Il déplore le manque de concertation entre les acteurs de la forêt.

 

La question des droits de chasse et de la cohabitation est ensuite posée. Hervé GAYMARD souligne alors le poids des droits de chasse sur le budget de l’ONF et de l’importance de la régulation des espèces dans la forêt.

 

Un responsable territorial de l’ONF souligne que l’équilibre entre la forêt et les espèces qu’elle héberge est primordial.

 

Bernard HERRMANN, Maire de PREVOCOURT, évoque la gestion des forêts privées et propose une incitation financière pour leur entretien.

 

Hervé GAYMARD expose les difficultés liées à la nature même des forêts privées mais indique que le rôle social de la Forêt est une préoccupation majeure de la Forêt publique, à renforcer dans les forêts privées.

 

Le président de l’ONF tient à déplorer devant les élus présents l’inaction du médiateur européen durant la conférence de Kyoto.

 

En effet, la forêt européenne n’a pas été prise en compte dans la réduction de l’empreinte carbone de notre continent. Une prochaine conférence sur ce sujet aura pour rôle de réparer cette erreur.

 

Est ensuite soulevé par un élu le fait que la forêt dépende de trois ministères différents et que cela génère certaines incohérences.

 

Hervé GAYMARD indique que la question est très pertinente et que selon lui il faudra désormais parler davantage de l’avenir de la forêt que de l’organisation administrative de sa gestion.

 

Pour clore le débat, Hervé GAYMARD souhaite lire un extrait tiré d’une ordonnance de 1346 de Philippe VI de Valois. Il s’agit de l’ordonnance de Brunois sur les eaux et forêts.

 

En vieux français cette ordonnance énonce : « Les maistres des forêts des susdits, selon ce qu’ils sont ordonnés, enquerront et visiteront toutes les forêts et bois qui y sont. Ils feront les ventes qui y sont à faire, eu regard à ce que lesdites forêts et bois se puissent perpétuellement soustenir en bon estat ».

 

Hervé GAYMARD tient alors à souligner que le principe du développement durable est tiré du vieux français, qui a traversé la manche et qui nous est revenu.

 

Le développement durable n’a donc pas été inventé par les anglais, le président de l’ONF souhaitait que cela soit dit.

 

Remerciant chaleureusement François GROSDIDIER pour son initiative, Alain MARTY, député de la circonscription, a clos la réunion qui fut suivie d’un verre de l’amitié.

 

Chateau-Salins - le 4 avril 2011

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