L’ancien maire de Metz Jean-Marie Rausch est mort à l’âge de 94 ans

Il a marqué de son empreinte la ville de Metz, mais aussi la Moselle et la région Lorraine : Jean-Marie Rausch est mort ce vendredi 5 janvier. Il avait 94 ans. Marqué à droite, mais souvent franc-tireur en marge des partis, il a notamment été ministre d’ouverture de François Mitterrand de 1988 à 1992. Il a été durant 37 ans, le maire de la ville de Metz (1971-2008).

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Un incontournable en Lorraine

Né en 1929 à Sarreguemines, Jean-Marie Rausch y a fait ses études, avant de partir à Paris pour suivre un diplôme de l’Ecole française de Meunerie. C’est par l’industrie qu’il entre en politique et devient en 1971 maire de Metz.

Il va devenir incontournable en Lorraine. Il est élu conseiller général du canton de Metz 3 en 1970, un mandat qu’il conserve jusqu’en 1988. Jean-Marie Rausch préside également la région Lorraine de 1982 à 1992. Il est aussi sénateur de la Moselle durant plus de 22 ans et préside la communauté de communes de l’agglomération messine de 2002 à 2008. Politiquement, il se situe à droite et adhère au groupe de l’union centriste.

Jean-Marie Rausch dans son bureau de l'hôtel de ville
Jean-Marie Rausch dans son bureau de l’hôtel de ville © AFP

Un ministre lorrain

Grâce à son carnet d’adresses et son profil atypique, Jean-Marie Rausch est nommé à plusieurs reprises ministre « d’ouverture » sous François Mitterrand, entre 1988 et 1992. Il est nommé d’abord ministre du Commerce extérieur, puis occupera le poste de ministre délégué chargé des Postes et aux télécommunications, et enfin ministre délégué au Commerce et à l’artisanat. Le tout sous la direction de trois Premiers ministres : Michel Rocard, Edith Cresson et Pierre Bérégovoy.

Jean-Marie Rausch (en haut à gauche) fera partie de trois gouvernements Mitterrand dont celui d'Edith Cresson en 1988
Jean-Marie Rausch (en haut à gauche) fera partie de trois gouvernements Mitterrand dont celui d’Edith Cresson en 1988 © AFPGouvePierreVerdy

Une vie au service de la ville de Metz

Au soir du second tour de l’élection municipale de 2008 à Metz, Jean-Marie Rausch ne fait qu’une brève apparition pour reconnaître sa défaite. Après six mandats passés à la tête de la ville, les divisions de la droite ont eu raison de l’indéboulonnable homme politique mosellan. Avant cette défaite, il était le plus ancien maire de France d’une ville de plus de 100.000 habitants. Il quitte la municipalité après 37 ans de règne sans partage.

Jean-Marie Rausch et son épouse dans les rues de Metz durant la campagne des élections municipales de 2008
Jean-Marie Rausch et son épouse dans les rues de Metz durant la campagne des élections municipales de 2008 © GettyDemange / Marchi

Jean-Marie Rausch a beaucoup œuvré à la sauvegarde du centre historique de la capitale mosellane, mais aussi à la promotion de l’écologie urbaine, qu’il défend aux côtés de Jean-Marie Pelt, son ami politique avec lequel il installera l’Institut Européen d’Ecologie sur les hauteurs de la colline Sainte-Croix. Tous deux créent également le plan d’eau à Metz en 1974.

Il construit également et rénove de nombreux quartiers, comme le Pontiffroy ou Borny.

Pendant sa longue carrière politique, Jean-Marie Rausch a assisté à de nombreux événements d’envergure nationale et internationale, comme le geste de Verdun entre Mitterrand et Kohl en 1984 à Verdun ou encore la venue du Pape Jean-Paul II en 1988 à Metz. Il est aussi aux premières loges pour assister aux contestations du plan charbon et aux manifestations monstres de mineurs de fer, puis de charbon en Lorraine.

Il reçoit aussi de nombreux présidents de la République : Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac.

Le centre Pompidou Metz : une réalisation marquante

L’une de ses dernières réalisations d’envergure, qu’il lègue comme un héritage, est la réhabilitation du quartier de l’amphithéâtre et l’arrivée du centre Pompidou Metz, première décentralisation en région d’un musée national parisien. Annoncée en 2003, l’inauguration du centre d’art contemporain messin aura lieu en 2010.

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Le centre Pompidou Metz est inauguré deux ans après le retrait de la vie politique de Jean-Marie Rausch
Le centre Pompidou Metz est inauguré deux ans après le retrait de la vie politique de Jean-Marie Rausch © MaxpppKarim Siari

Une fin de carrière politique sous le signe des polémiques

Son caractère particulièrement virulent par moments, comme lors de sa démission de la présidence du conseil régional de Lorraine en 1992 le met au devant des critiques. Ses décisions d’interdire le vélo dans les rues de Metz en 2005 ou bien d’interdire la mendicité ainsi que la prostitution dans le centre-ville en 2002 sont contestées de toutes parts.

Au cours de sa longue carrière politique, il désigne ses dauphins, mais se fait aussi des ennemis politiques. Le plus tenace reste sans nul doute Jean-Louis Masson, contre lequel il ferraille tout au long de sa carrière. Marie-Jo Zimmermann et Nathalie Griesbeck, ses deux anciennes adjointes, font sécession au second tour des élections municipales à Metz en 2008, ce qui divise la droite et entraîne sa défaite. La ville bascule à gauche, avec l’élection du socialiste Dominique Gros.

Le débat des municipales 2008 entre les deux tours sur France Bleu Lorraine
Le débat des municipales 2008 entre les deux tours sur France Bleu Lorraine © MaxpppMaury Golini

Après son échec aux élections, il se retire de la vie politique. Mais il n’hésite pas à soutenir publiquement l’un ou l’autre des futurs candidats à l’élection municipale, car sa voix porte encore . N’ayant pas oublié les trahisons de ces anciens alliés de droite, il soutient notamment en 2014 le socialiste Dominique Gros qui brigue un second mandat. En 2020, il apporte son soutien à François Grosdidier qui remporte à son tour le fauteuil de maire.

La mairie de Metz annonce, ce vendredi 5 janvier, dans un communiqué, que « les drapeaux des mairies de quartier et de l’Hôtel de Ville sont en berne. » Un registre de condoléances sera installé au sein du péristyle de l’Hôtel de Ville à partir de 16h30.

Auteur de plusieurs ouvrages, il avait publié en 1987 « Le Laminoir et la Puce », où il évoquait le développement des nouvelles technologies « à l’heure où la Lorraine perdait industrie de base, la sidérurgie« , selon ses propres mots. Après son retrait de la vie politique, il avait écrit en 2011 « Il suffit de vouloir », où il retraçait sa carrière politique.

Jean-Marie Rausch avait raconté sur France Culture le cheminement de sa vie politique, y compris les coulisses et les petites histoires.

Réécoutez l’émission de France Culture :

Jean Marie Rausch et moi : La conquête du pouvoir

Jean-Marie Rausch et moi : la perte du pouvoir

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