Publié le 10 déc. 2023 à 13:48Mis à jour le 10 déc. 2023 à 13:49

Il est un peu plus de 13 heures ce lundi 4 décembre quand Gérald Darmanin s’engouffre dans le restaurant L’Epicurien, à Sarrebourg. A l’entrée de l’établissement l’accueillent le maire de la ville Alain Marty (LR) et Fabien Di Filippo, qui lui a succédé à l’Assemblée nationale comme élu de la 4e circonscription de Moselle. Au menu des discussions, « le chantier du nouveau commissariat et la sécurité à Sarrebourg », assure ce dernier. Du projet de loi immigration, il n’en a pas été officiellement question.

Si le parlementaire de 37 ans est un ferme opposant au projet de loi immigration, cela n’empêche pas Gérald Darmanin de le rencontrer. Ancien maire de Tourcoing, élu à l’Assemblée nationale pour la première fois en 2012 à l’âge de 29 ans, le locataire de la Place Beauvau n’a de cesse de dire qu’il fait de la politique «à l’ancienne» en cultivant ses liens avec les élus.

Depuis plusieurs mois, Gérald Darmanin a pris son bâton de pèlerin pour convaincre les députés, notamment ses anciens amis de LR, de voter ce texte, si important pour lui . « Personne ne leur demande de renier leurs convictions, mais de contribuer à l’intérêt général, à l’amélioration du texte et à la protection des français en permettant l’expulsion des délinquants étrangers. Comment peuvent ils voter contre ? En cas de drame, leur responsabilité serait énorme », glisse-t-il aux « Echos ».

«Les deux tiers» des députés rencontrés

Le décompte donnerait presque le tournis. Gérald Darmanin affirme avoir rencontré « les deux tiers » des députés de l’Assemblée nationale. Dans la dernière ligne droite la semaine dernière, son agenda comptait 30 rendez-vous individuels avec les élus du Palais-Bourbon. « Ma porte est ouverte, je peux voir tout le monde », ajoute-t-il. Après Sarrebourg, il s’est rendu vendredi dernier dans les Alpes-Maritimes, le département d’élection d’un certain Eric Ciotti, le président de LR. D’abord pour rencontrer les forces de l’ordre dans le quartier sensible des Moulins, à Nice, ensuite pour se rendre à la frontière avec l’Italie, à Menton, où, une nouvelle fois, il a vanté les mérites de son projet de loi pour lutter notamment contre les passeurs.

C’était sa dernière étape avant de plonger dans le chaudron du Palais-Bourbon, où l’ambiance s’annonce électrique. A gauche, les députés socialistes, communistes, écologistes et LFI sont vent debout contre le texte, même si le leader communiste, Fabien Roussel, a laissé entendre la semaine dernière qu’il pourrait s’abstenir. Au sein de la majorité , des voix sourcilleuses veillent au respect de l’équilibre initial du projet de loi alors que l’équilibre entre l’aile gauche de la majorité et son équivalent à droite reste un combat de chaque jour ou presque. Si les troupes d’Edouard Philippe affichent leur soutien au projet de loi, elle n’en font pas moins entendre une musique parfois dissonante , se sentant plus proche de la version sortie du Sénat que de celle issue de la Commission des Lois de l’Assemblée nationale.

Début novembre, Gérald Darmanin a assisté à toutes les séances au Sénat, où le projet de loi a été adopté au prix d’un durcissement voulu par la majorité composée des LR et des centristes. Il a fait de même en Commission des Lois à l’Assemblée nationale fin novembre, où les débats ont duré 48 heures en tout. « Je suis concentré. J’ai fait 15 jours de débats au Sénat, je n’ai pas loupé une minute en commission. Les Français ne comprendraient pas qu’on ne se mette pas d’accord sur ce texte de fermeté alors qu’ils le soutiennent à 80%», dit-il. Un véritable marathon pour celui qui est aussi confronté au retour du terrorisme avec deux attentats en moins de deux mois – l’assassinat de Dominique Bernard en octobre à Arras et celui d’un touriste allemand début décembre à Paris.

Le RN contre le projet de loi

A droite, le Rassemblement national (RN) votera résolument contre , après avoir entretenu un (faux) suspense sur un possible vote en faveur de cette « petite loi » comme l’a appelée Marine Le Pen. « Les députés RN ne vont pas voter la loi immigration alors qu’on met en place des mesures fortes, comme l’expulsion des étrangers délinquants. Le RN montre une nouvelle fois que ce qu’il l’intéresse, ce sont les problèmes, pas les solutions. Ils ne sont manifestement pas prêts pour le pouvoir», attaque Gérald Darmanin.

Reste les LR. Depuis la tribune des 17 « constructifs » publiée il y a deux semaines dans « La Tribune Dimanche », l’ambiance est à couteaux tirés entre le ministre de l’Intérieur et les responsables LR. Si Gérald Darmanin y a vu une ouverture, la semaine dernière, les LR ont durci le ton , ne laissant pas entrevoir la possibilité d’une abstention. «Nous ne serons pas les complices de cet échec annoncé», a fait valoir Eric Ciotti lors d’une conférence de presse. Le ministre de l’Intérieur ne désespère pas d’en convaincre quelques uns de s’abstenir. «C’est compliqué pour certains LR de voter contre ce texte après l’avoir lu. C’est pour cela que Gérald Darmanin les traite individuellement», analyse le député Renaissance Ludovic Mendès, co-rapporteur du projet de loi et élu dans la Moselle. Faire monter les abstentionnistes pour abaisser le seuil de la majorité : sur le papier, l’équation est simple.

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