Loi sur la sécurité des maires : « La protection est nécessaire mais il faut trouver un équilibre »

« Il s’est produit là un événement qui est d’une nature totalement nouvelle, jamais je n’avais eu à subir une agression de ce type ». Huit mois après, le maire de Jœuf (Meurthe-et-Moselle) André Corzani reste marqué par les violences qui l’ont frappé. Il est 5h30 ce matin du 1er juillet 2023, alors que de nombreuses villes sont en proie à des émeutes liées à la mort de Nahel à Nanterre. André Corzani est satisfait : la mobilisation citoyenne a permis de sécuriser sa ville. Mais une demi-heure plus tard, la haie de son domicile est en flamme. Une agression « inqualifiable » selon lui.

Pour autant, l’élu LFI, maire depuis 27 ans, ne renonce pas : « Ce n’est pas l’attitude de ces quelques voyous qui m’inciterait à changer d’engagement ». En octobre dernier, deux jeunes de 20 et 21 ans sont reconnus coupables d’avoir incendié la haie du maire et condamnés à un an de prison avec sursis et une amende de plus de 27 000 euros.

Sanctionner plus lourdement les auteurs de violences contre les élus ? André Corzani se dit partagé : « Les élus sont évidemment des personnes publiques et leur mandat les expose. En même temps, il ne faudrait pas qu’il y ait une sorte de surenchère pénale qui ferait que les élus puissent être considérés comme privilégiés. Attention à ne pas aller vers des textes qui, loin de rapprocher les élus de leurs administrés, donneraient le sentiment qu’il y a éloignement ».

« C’est normal, vous êtes un homme public ! »

Autre voix, celle de l’ancien maire de Monthureux-sur-Saône (Vosges), Après deux mandats (2008-2020), Raynald Magnien-Cœurdacier ne s’est pas représenté en 2020. Lui qui a accueilli des migrants de la jungle de Calais en 2016 et ouvert un centre d’accueil pour mineurs isolés a été victime d’agressions verbales, de menaces, de lettres anonymes. Les pneus de sa voiture ont été crevés plusieurs fois.

L’ancien élu veut espérer que la loi change les choses : « A cette époque-là, ce n’est pas si vieux, il n’y avait aucun suivi quand un élu portait plainte. Moi, j’ai eu un procureur et un préfet qui m’ont dit « Monsieur le maire, c’est normal, vous êtes un homme public ! » Ils m’appelaient pour me réconforter entre guillemets mais en me disant « Ne vous inquiétez pas, c’est normal ». Ah bon ? On s’était trop habitué à ça ».

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